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Société : La réinsertion des enfants en conflits avec la loi, où en sommes-nous ?

Le phénomène d’insécurité lié aux enfants en conflit avec la loi a-t-il baissé dans certaines communes d’Abidjan ? Que deviennent ces enfants dit enfant-microbes après leur prise en charge dans le centre de resocialisation de M’Bahiakro ?

C’est une psychose sans précédent provoquée par ces bandes d’adolescents qui perturbent la quiétude des populations abidjanaises, depuis la fin de la crise post-électorale de 2010. Abobo et d’autres communes touchées par le phénomène en ont fait les frais, Fatoumata Traoré, la présidente du groupe Soutra Kennedy-Clotcha nous livre un témoignage saisissant :

« Avant nous nous faisions agresser même dans la journée, tu ne pouvais même pas prendre ton gaz, le remettre à ton enfant pour aller le charger. La journée en dormant, les microbes rentrent chez toi pour te prendre tes téléphones. Mais grâce au projet qui a été mis en place, désormais on peut se déplacer à n’importe quelle heure pour vaquer à nos occupations ».

Fatoumata Traoré, la présidente du groupe Soutra Kennedy-Clotcha

« Au niveau de Sagbé la situation s’est amélioré, je peux dire depuis 2019. Nous même à notre niveau, avons installé un comité de sécurité, qui travaillait pour la sécurisation de nos quartiers et l’avènement du projet de réinsertion des jeunes par rapport aux enfants en conflits avec la loi. Le programme de l’Etat est venu stabiliser la sécurité au niveau de nos quartiers » a insinué le président des jeunes d’Abobo Sagbé-Ran, Sawadogo Salif.

Le président des jeunes d’Abobo Sagbé-Ran, Sawadogo Salif.

Grâce aux efforts de plusieurs acteurs pilotés par la Cellule de Coordination, de Suivi et de Réinsertion (CCSR), la sécurité semble être de retour. C’est le constat du chef de la communauté du Zanean à Andokoi, Diby Yao Lucien.

« Il faut avoir l’honnêteté de dire que depuis l’avènement de la cellule, cela a été convaincant. Ils ont pris des jeunes du quartier de 09 à 24 ans pour les former à M’bahiakro, lorsqu’ils sont revenus, ils étaient les exemples dans le quartier. Cela a poussé les autres à se retrancher et se corriger. Il faut aussi reconnaitre qu’avec les opérations épervier 1, 2 et 3 de la police, conjointement avec ceux de la gendarmerie, la criminalité a et les agressions ont beaucoup diminué dans nos quartiers »

Pour les amener à changer de comportement, plus de mille enfants en conflit avec la loi ont été resocialisés au centre de M’bahiakro.

« Aujourd’hui grâce au CCSR, moi j’ai pu trouver un calme pour asseoir mon activité. Au centre, nous avons étudié, nous avons été conseillé et formé. Suite à cela, j’ai voulu faire de la mécanique mais j’ai finalement opté pour la vente d’habit. Aujourd’hui je n’ai plus aucun problème avec qui que ce soit » s’est réjoui un ex enfant en conflit avec la loi (microbe).

Selon la coordonnatrice de la CCSR, Ouattara Manignan, ce sont plus de 1 400 mineurs, adolescents et jeunes en conflit avec la loi qui ont été formés au centre de M’Bahiakro entre septembre 2016 et juin 2018. Ces enfants sont issus des villes d’Abidjan, Bouaké, Man, Odienné, Gagnoa et San Pedro. 

Abdul Hakim Hoduloyé

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